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Un tandem de rêve Jimmy
Gourley-Barney Wilen
Dans les années 50, Barney
Wilen, le plus lestérien des saxophonistes français
et l'américain Jimmy Gourley, le plus raffiné des
guitaristes "bop", improvisaient chorus sur chorus sous
les applaudissements de leurs fans, agglutinés dans l'un
des plus célèbres cabarets de jazz parisien de l'époque
: "Le tabou". Unis pour le meilleur dans la même
aventure du jazz, alors qualifiée de "moderne",
Barney et Jimmy n' ont cessé au fil des décennies
de conforter dans l'amitié cette complicité musicale,
comme en ce beau jour de l'année 87, où ils participaient
à une émission de télévision. Ils
enregistrèrent 11 morceaux aujourd'hui exhumés par
la firme "Elabeth" : un pur joyau de musicalité,
de sensibilité et de swing qui permet de redécouvrir
deux solistes d'exception, rivaliser d'imagination à partir
de standards d'hier, qui brillent de l'éclat d'une jeunesse
retrouvée. Barney Wilen, littéralement habité
par le "prez", pare de velours et de soie les ballades
de Gershwin comme "Summertime" et "Embreacable
you", ou "Body and soul", immortalisé par
Coleman Hawkins, le père du saxophone. Jimmy Gourley, particulièrement
inspiré, apporte à son compagnon soufflant, un contrepoint
au lyrisme dépouillé. En solo, il développe
un discours lumineux et sensible, qui parfois évoque le
Wes Montgomery des grands jours... L'un et l'autre jouissent d'un
soutien rythmique de qualité assuré par la contrebasse
de Dominique Lemerle et la batterie de Philippe Combelle : un
modèle de souplesse, de discrétion et d'efficacité,
un album à glisser sans hésiter dans la jazz "hotte
du père Noël".
Dr
JAZZ