"PARIS
HEAVYWEIGHTS" - JAZZMAN
Le 6 septembre 1972, Jimmy Gourley
enregistre quatre titres pour Futura, la marque de Gérard
Terronès.Ses "poids lourds" parisiens se nomment
René Urtreger (piano), Luigi Trussardi (contrebasse) et
Humberto Canto (percussions). Indisponibles le lendemain, nos
Heavyweights sont remplacés par Eddy Louiss (orgue) et
André Ceccarelli (batterie) pour quatre autres titres.
Soit huit titres restés inédits jusqu'à ce
jour et qui valent le détour. En 1972, on est en pleine
déconfiture du jazz et l'on tente d'y résister par
l'adoption d'un répertoire tantôt latin, tantôt
binaire. Rodé depuis le succès de "Amen"
avec Lou Bennett, le guitariste y adapte très bien sa plume,
notamment sur "Tafira Alta" qui n'est pas sans annoncer
la ferveur lyrique d'un Philip Catherine. L'arrangement latin
du "Repetition" de Neal Hefi est plus confus et souligne
une relative inélégance de la première rythmique.
Le recours à la découpe binaire du temps et peut-être
plus encore le doublage batterie-percussions par une équipe
dont ce n'est pas la spécialité paraît aujourd'hui
très daté. Comme pour la première, Jimmy
Gourley fournit deux titres de la seconde séance, auxquels
s'ajoutent "Freedom Jazz Dance" et "My Shinning
Hour". Et là, l'on regrette qu'il n'y ait pas eu de
suite, tant sont rares les faces de cet Eddy Louiss-là,
tant le "Groove" du jeune Ceccarelli combiné
à la main gauche d'Eddy conviennent au répertoire
retenu. Quant à Jimmy Gourley, il est brillant de bout
en bout, mariant l'élégance de l'école Jimmy
Raney à l'efficacité d'un Wes Montgomery. Si tous
les inédits avaient cette qualité...
Franck Bergerot.