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L'amitié entre Jimmy Gourley et le regretté Stan Getz ne s'est jamais démentie, des jams frénétiques du Chicago de la fin des années quarante à l'inauguration, avec Kenny Clarke, du célèbre Blue Note de Paris dix ans plus tard (quelques titres "pirates" en témoignent) jusqu'à cet enregistrement de 1981 où Stan "prêta" au guitariste, le temps d'une session, sa section rythmique, l'un des meilleurs trios qui l'ait jamais accompagné : l'admirable Lou Levy (p), avec qui Gourley avait usé ses fonds de culotte moins sur les bancs de l'école qu'à apprendre à improviser sur les standards, le très musical Marc Johnson (b), et Victor Lewis, une perfection de batteur. Beau cadeau, le saxophoniste vient d'ailleurs les rejoindre sur deux morceaux, sous le malicieux pseudonyme de "Dju Berry", clin d'il à une session de 1952 où, pour raisons contractuelles, il avait dû se dissimuler sous le nom de "Stu Berry" afin d'enregistrer aux côtés de Jimmy Raney, le grand guitariste dont Jimmy Gourley fut l'ami et reste l'un des plus admirables disciples. On n'en finit pas de se demander à l'écoute de ce disque qui est un vrai régal et au vu des musiciens dont il a gagné l'estime et partagé la musique (Clifford Brown, Bobby Jaspar, Bud Powell, Lester Young, Eddy Louiss, Barney Wilen, Stéphane Grappelli...) pourquoi on a si rarement l'occasion d'entendre Jimmy Gourley sur scène. Ils ne sont pas légion pourtant les guitaristes qui possèdent comme lui la maîtrise du langage du jazz, le sens du swing et un phrasé be-bop aussi juste ! Un disque indispensable (tout comme The Jazz Trio (1983), reparu chez le même éditeur). Merci encore Mr Gourley.
Vincent Bessières (So What, n° 21, janvier 1998)