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Lecteurs de Jazzotte, vous connaissez
déjà ce jeune trompettiste de 24 ans (n° 593)
dont le swing racé en fait l'un des talents les plus évidents
et les plus prometteurs de la nouvelle génération.
Maturité et caractère, voilà ce qui frappe
chez Fabien Mary, lequel assume sans complexe la pratique d'un
style de facture «classique », en tous les cas celle
d'un jazz enraciné dans sa réalité culturelle.
Il s'approprie ainsi, avec humilité et intelligence, une
musique née quarante ou cinquante ans avant lui, et dont
il transmet fidèlement l'esprit sans oublier d'être
lui-même. Mary expose avec ce premier opus, Twilighi, une
profession de foi jazzistique véhiculant les valeurs essentielles
de cet art: beauté, simplicité, générosite.
Sans artifices de mode ni esbroufes techniques, il privilégie
une approche impressionniste et très méloclique,
dotée d'une rythmique enlevée. Ce talentueux disciple
de Clifford Brown, aborde
avec la même aisance les thèmes rapides («
l'm Getting Sentimental Over You ») ou plus lents («
I Should Care»): tantôt pétillant, tantôt
mélancolique, il maîtrise excellemment l'espace sonore,
instaurant l'ambiance dès les premières notes. Poursuivant
au fil des plages leur dialogue, Mary et Lippi se répondent
avec une complémentarité complice, particulièrement
étroite sur « Lullaby of the Leaves». Le duo
avec Xavier Richardeau, invité sur « Stockholm Sweetnin'
» et «Shiny Stockings», est tout aussi enthousiasmant:
la rondeur bonhomme du baryton s'accorde au mieux avec les clairs-obscurs
de la trompette. Au final, un album qu'on effeuille comme un recueil
de nouvelles, poursuivant d'une à l'autre le même
récit. Celui de la belle histoire du jazz, d'Amérique
et de France, d'hier et d'aujourd'hui. Jérôme Partage