"TWILIGHT" - JAZZ MAGAZINE

retour au cd


Ceux qui ont entendu Fabien Mary au sein du big band de Michel Pastre connaissent les qualités de ce trompettiste de vingt-quatre ans : aisance technique déjà impressionnante, vélocité et imagination héritées de son maître Clifford Brown, musicalité constante, sens du swing. Autant d,atouts manifestés dans ce premier album en leader où, remarquablement entouré, il exprime une personnalité bien affirmée qui n,exclut pas une modestie de bon aloi. En effet, à l,inverse de nombre de jeunes musiciens pressés de jouer « leur » musique, il pose ses pas dans ceux de ses devanciers Brown, mais aussi Art Farmer ou Kenny Dorham tout en marquant de son empreinte des standards (I,m Getting Sentimental Over You, I Should Care, Shiny Stockings, Perdido, entre autres) qui lui permettent d,exploiter toutes les facettes de sa sensibilité. Une démarche qui n,a rien de revivaliste au sens péjoratif du terme. Du reste, la qualité des arrangements privilégiant les dialogues trompette-guitare (superbe Hugo Lippi), les interventions dans Stockholm Sweetnin, et Shiny Stockings de Xavier Richardeau, l,efficacité discrète de la rythmique, tout concourt à la complète réussite de ce cd rafraîchissant. Hautement recommandable, est-il utile de le préciser ?

Jacques Aboucaya, le12 novembre 02.


Pemier disque en leader d'un jeune trompettiste dont on commence à parler. À juste titre. Le titre est sans équivoque : ce crépuscule, c'est l'annonce d'une soirée d'émoi et de rigueur. Étrangère à tout effet facile, à tout artifice, La musique est dépouillée - on ne triche pas avec la trompette, longtemps emblématique du jazz (avant d'être concurrencée par le saxophone). Et Fabien Mary, au fil d'un discours "bop" orthodoxe aux influences affichées sans complexe (celle, entre autres, de Donald Byrd), s'impose d'emblée par sa maîtrise technique et une inspiration sans failles. Une seule composition du signataire du disque (Mister M) - ce qui est plutôt rare par les temps qui courent - et des standards, Le tout servi par un quartette au drive réjouissant, transformé pour deux plages en quintette par L'addition de Xavier Richardeau, employeur habituel du trompettiste. La découverte d'un guitariste remarquable n'est pas le moindre intérêt de cet enregistrement : solide accompagnateur, Hugo Lippi fait preuve d'assez de maturité pour inventer des soli inspirés. Et puis, last but not least, la solidité rythmique de Nicolas Rageau, ses chorus à La WiLbur Ware, et Le mélange d'efficacité et de bon goût de Mourad Benhamou complètent remarquablement cet opus inaugural, qui, plutôt que "prometteur", constitue déjà une promesse brillamment exaucée. On attend une suite avec impatience.

Thierry Leboff


INTERVIEW