|
|
|
|
|
|
|
|
Jeune trompettiste en activité
incessante depuis quelques années, de la petite formation
bop au big band, Fabien Mary fait une entrée au disque
de belle facture. Dans la tradition d'un apprentissage bien mené,
Mary rend à ses aînés et sources d'inspiration
ce qu'il leur doit. Avec beaucoup de goût et d'attention,
Mary n'a pas bâti un répertoire qui ne puise que
dans le fonds le plus connu du grand livre de l'histoire du jazz,
mais dans des à-côtés qui deviennent autant
de possibles (re)découvertes. "Social Call",
de Gigi Gryce, "Tonk", de Ray Bryant, "Fantan",
de Russ Freeman, ou "Shiny Stockings", de Frank Foster,
il fallait y penser. Et quand les partitions de Quincy Jones ou
Irving Berlin sont sollicitées, ce n'est pas non plus dans
le sens le plus évident de leurs auteurs. Avec le guitariste
Hugo Lippi, le contrebassiste Nicolas Rageau et le batteur Mourad
Benhammou, Fabien Mary installe un univers qui, pour être
clairement repéré les années 194o et 195o),
n'est pas abordé par son versant nostalgique, en surface,
mais bien en tant que musique intimement vécue aujourd'hui.
Pour entamer 2003 en reprenant envie avec le swing du jazz et
son imaginaire mélodique, Twilight (,"Le Crépuscule",
intitulé contradictoire avec la lumineuse expression de
ses interprètes) s'impose.