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Au royaume de l'alto, les stars
sont rares ! (exception : l'italien Stephano Dibattista attendu
à la Réunion en septembre prochain). Raison de plus
pour saluer l'entrée dans la cour des grands du saxophoniste
Pierrick Pedron. A moins de 30 ans, ce dernier vient de signer
son premier album intitulé "Cherokee" (sans doute
un clin d'oeil au géant de l'alto, l'un des inventeurs
du be-bop, Charlie Parker qui affectionnait particulièrement
ce thème). Ce thème donc, le jeune soufflant le
réinvente dès les premières mesures en se
lançant dans un impétueux "quatre-quatre"
avec son pianiste. N'est-ce pas dans les standards les plus joués
que s'affirment les vrais talents, en quête d'originalité
et de créativité ? Ainsi dans "Autumn in New
York" après une magistrale "Intro" à
cappella d'une minute vingt, le jeune instrumentiste déploie
tout son savoir-faire : pureté du son, fermeté du
timbre, respect de la mélodie, et phrasé naturel,
Pierrick Pedron a de quoi séduire les oreilles les plus
exigeantes. Plus proche de l'ardent Sonny Stitt que de l'évanescent
Steve Lacy, il improvise avec autorité et sobriété.
Avec la complicité de Baptiste Trotignon au piano(autre
révélation dont on admirera le toucher subtil et
le swing léger), Vincent Artaud (contrebasse) et Franck
Agulhon
(batterie), le brillant saxophoniste propose huit interprétations
(dont trois de ses propres compositions) aux couleurs et aux tempos
différents. Une preuve supplémentaire de la bonne
santé du jazz d'aujourd'hui, quand il n'est pas contaminé
par le virus d'une pseudo "World music", pur produit
de marketing, le plus souvent insipide et sans saveur.
Dr
JAZZ