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Le saxophoniste Richard Raux,
trop longtemps absent des studios vient de signer à 55
ans, le ~jus bel album de sa maturité. Ce musicien malgache,
connu à la Réunion, appartient depuis longtemps
à la fine fleur du jazz de la Grande lie, en compagnie
de l'illustre famille Rabesoh (Jeannot et Tony). Entre Rollins
et ' CoLtrane, . Richard Raux pratique un jeu ardent, sans violence
ni agressivité, plus proche du Hal que de la NéoFusion
! Parfaitement à l'aise sur tempos vifs, ("Little
Sam Blues", "Concert Ville", "Serail Seriel"
ou le célèbre standard de Jérôme Kern
"The song is you") il se montre également inspiré
dans la ballade : lyrique sans emphase ni mièvrerie, il
s'abandonne dans "The nearly was mine", l'un des meilleurs
titres de l'album qui en comporte une dizaine, dont 5 compositions
du leader. Plus émouvant encore, l'hommage qu'il rend au
vibraphoniste Milt Jackson ("Blues for bags"). Olivier
Hutman au piano et "Lolo" Bellonzi à la batterie
donnent la réplique au soufflant malgache. Tàche
facile pour ces jazzmen de très haut niveau qui partagent
sa sensibilité, sa joie d'improviser et la même conception
du swing. On appréciera l'élégance, l'invention
et la clarté du premier. Quant au second, derrière
ses tambours et ses cymbales qu'il frappe et fouette depuis près
de quatre décennies, il s'affirme une fois encore comme
le plus complet et le plus subtil de tous les percussionnistes-mélodistes
français. Voilà bien un excellent disque de rentrée
Dr
JAZZ