"CHANGIN'" - JAZZMAN

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Awards: 4 étoiles

On est là en terrain déjà repéré. Du René Thomas, donc du Jimmy Raney mais re-visité avec un regard plus moderne. Du Wes Montgomery pur jus. Pas du Wes à la PMartino, à la Benson ou à la Metheny, comme c'est le plus souvent le cas. Non, du Wes pur jus qu'inspirent à Daniel Visani "Integral minor", "R.W." ou "22 novembre". Les octaves et les block chords en moins, le médiator en plus. Un médiator puissant, à l'ancienne, qui peine ici et là sur des cordes au tirant rebelle. Mais la sonorité est ronde et pleine. Daniel Visani vit aujourd'hui cette époque-là de la guitare et du jazz sans hiatus apparent. D'autant qu'il est entouré d'une rythmique qui en connaît le style et le feeling sur le bout des doigts : Alain Jean-Marie, Luigi Trussardi et Charles Bellonzi.Les compositions personnelles n'ont rien d'anodin (l'arrangement piano-guitare "Changin'"). Ca n'apporte pas grand chose sur le plan discographique à un public déjà complètement saturé par nombre de rééditions consacrées aux grands représentants de cette esthétique, mais ça vaut bien des nouveaux boppers promus et invités à grands frais des Etats-Unis pour jouer dans de pseudo salles à l'acoustique de hall de gare. Alors que la France fourmille de petites salles à remplir dont l'intimité conviendrait tout à fait à la musique très authentique de Daniel Visani.