BROWN
Ray
(Contrebassiste
américain né à Pittsburg en Pennsylvanie,
le13 Octobre 1926)
A huit ans il étudie le
piano. Son père ne pouvant lui acheter le trombone de ses
rêves, il décide de passer à la contrevasse,
que son école peut lui prêter. En 1943, pour son
premier concert en club, c'est cet instrument qu'il choisit. A
sa sortie du lycée, en 1944, il passe six mois dans le
sextette de Jimmy Hinsley, puis, en 1945, entre dans la formation
de Snookum Russel, avec qui il tourne dans tout le pays pendant
huit mois. Il a tout juste vingt (ans quand il quitte Russell.
Il arrive à New York et fonce vers la 52e Rue et Times
Square. Ils sont tos là : Erroll Garner, Art Tatum, Billie
Holiday, Coleman Hawkins, Hank Jones... Ce dernier le présente
à Dizzy Gillespie, qui le convie à jouer avec lui
dès la répétition du lendemain, en compagnie
de Bud Powell, Max Roach et Charlie Parker. Brown restera plus
de deux ans chez Gillespie : d'abord dans les petites formations
puis dans le premier big band (1946).En 1948, il forme un trio
avec Han, Jones et Charlie Smith, et épouse Ella Fitzgerald.
Il l'accompagne dans tous ses concerts. Un soir qu'il assiste,
dans les coulisses de Carnegie Hall, à un concert de JATP,
on lui demande de remplacer le bassiste absent et, Norman Granz
l'engage. On l'entendra au sein du JATP pendant dix-huit ans,
alors qu'il est, depuis 1951, membre du trio d'Oscar Peterson.
En 1952, il rencontre un jeune trompettiste de l'orchestre de
Lionel Hampton, Quincy Jones. ils ne joueront ensemble qu'une
dizaine d'années plus tard, mais déjà se
noue leur amitié. En 1957-58, il enregistre avec Barney
Kessel et Shelly Manne plusieurs disques en trio - ils forment
les Poll Winners(lauréats des référendums).
En Janvier 1966, Brown laisse sa place dans le trio Peterson à
Sam Jones et s'installe à Los Angeles. Il travaille pour
la télévision et le cinéma, joue avec Michel
Legrand, Olivier Nelson, etc., publie une méthode de basse,
enregistre en free-lance avec des centaines de musiciens, devient
un temps le manager de Quincy Jones. Au début de 1974,
il crée le groupe L.A. Four, avec Laueindo Hamilton - et
Bud Shank. Il produit des concerts pour le Hollywood Bowl et devient
directeur musical du festival de Monterey en 1976 et 1977. Les
L.A. Four tournent dans le monde entier. il monte un quintette
avec Milt Jackson (1979/80), puis avec Gene Harris, Al Grey, le
guitariste louisianais Ron Eschete et Grady Tate, et se produit
à l'occasion en trio, souvent avec Monty Alexander. Il
joue aussi du violoncelle, et de la basse Fender en studio...
Précision du jeu, très
gros son, grande maîtrise de la basse ambulante, parfaite
synchronisation des deux mains -utilisation exceptionnelle de
la main gauche-, alliés à une égale intensité
dans le grave et l'aigu, à un swing irréprochable
quel que soit le tempo, à des lignes de basse fermes et
claires ; ainsi peut-on tenter de mettre en équation le
jeu de l'un des plus grands bassistes de section rythmique du
jazz. Les clichés qui pointent parfois au détour
de ses chorus (en particulier chez Oscar Peterson) s'insèrent
toujours dans des phrases d'une grande richesse hamonique. Brown
se place habilement entre deux traditions de l'instrument : celle
du gros son et des réglages durs (Blanton) et celle de
la rapidité (Scott LaFaro). P.B. & C.G.
Avec Guillespie : Dodo's Blues,
Two Bass Hit (1947) ; "Way Out West"
Rollins, 1957) ; "ThePoll Winners" (avec Kessel et Manne,
1957) ; "As Good As It Gets" (1978), "Tasty"
(1980), "Don't Forget The Blues" (1985), "Moore
Makes 4" (1991). (cf - Dictionnaire du Jazz).