LA PLAYLIST ELABETH

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Player Elabeth


A l'occasion de la sortie de son premier album, rencontre avec :

LUIGI TRUSSARDI

ou

"Le boeuf n'a plus la cote"

Entretien...

 

LUIGI, PARLE NOUS UN PEU DE TOI.

Je suis fils d'émigrés italiens, né à Clichy en 1938. Mon père était un artiste:guitariste classique et peintre. Il excellait dans les deux disciplines.Il m'a initié à la guitare dans ma cinquième année,sur un petit instrument que j'ai toujours. J'habitais Enghien à l'époque et, en sortant du cours "Notre Dame",j'allais dans un café ou il y avait un Juke Box, avec entre autre un disque 45T de Nat King Cole "Jack the Bell Boy".J'étais fasciné par cette musique.Oscar Moore,Johnny Miller,Lionel Hampton à la batterie; ça a été mon premier " choc" jazz. Nat King Cole est pour moi un des plus grands artistes dans le jazz et aussi l'inspirateur des musiciens les plus prestigieux.

Vers l'âge de 17 ans mon père m'a offert une guitare électrique faite par le luthier Jacques Favino. Avec le pianiste René Bec qui est maintenant chef d'orchestre (successeur de Aimé Borelli à Monte Carlo),nous avons monté un trio. Le bassiste qui habitait Neuilly, laissait sa contrebasse chez moi et pendant la semaine, j'essayais d'en tirer des sons.C'était une basse Chauvet en contreplaqué,bonjour les ampoules!!! J'étais passionné par le jazz, j'ai été en demie finale d'un concours radiophonique qui s'appelait "prenez le chorus" ou j'avais joué "Bay's groove" avec Maurice Vander, Pierre Michelot et Christian Garros. Excusez du peu !

Ayant décidé de devenir musicien professionnel, mon père voulut que j'entre au conservatoire, j'ai donc choisi la classe de contrebasse à Versailles dont le professeur était Gaston Logerot. J'y suis resté un an puis une autre année en cours particuliers toujours chez M. Logerot puis j'ai commencé à jouer dans les clubs.

A Enghien il y avait des passionnés de jazz qui ont fait leur chemin depuis, je pense à Yves Chamberland et à Richard Bohringer avec qui nous allions dans les clubs et faisions route commune. En 1963 j'ai quitté Enghien pour Paris, j'habitais près de la République, non loin de chez Eddy Louis. J'allais chez lui, il venait chez moi et nous jouions en trio avec René Nan à la batterie.

TU AS COMMENCE AU CLUB ST GERMAIN JE CROIS?

Ma première grande chance a été de rencontrer Mac Kack (Baptiste Reilles) et Stéphane Grappelli, deux grands amis qui venaient souvent chez nous à Enghien. Baptiste m'a engagé au club St Germain dont il était le directeur. J'y suis resté de 1959 à 1962. J'ai eu là l'occasion de jouer et d'apprendre avec pratiquement tous les musiciens français et beaucoup d'américains. Ensuite j'ai joué au Chat qui Pêche pendant 6 mois avec Chet Baker puis un mois avec Eric Dolphy, Donald Byrd, Nathan Davis, le batteur était Jacques Tollot. J'ai aussi joué au Living Room avec Art Simmons pendant trois ans de 65 à 68.

AS-TU JOUE AVEC BUD POWELL ?

Je n'ai jamais "travaillé" avec lui, mais j'ai eu plusieurs fois l'occasion de jouer en jam session, au Chat qui Pêche, au Caméléon et au Living Room.

QU'AVAIS-TU COMME INSTRUMENT A L'EPOQUE ?

Le premier instrument que j'ai eu , à part cette Chauvet en contreplaqué, c'était une contrebasse que m'a vendu Paul Rovère, j'avais un mal terrible à la jouer, j'étais un peu "tendre" à l'époque et je saignais des deux mains, il n'y avait pas de micro, il fallait tirer... Je me souviens d'une répétition au Club St Germain en 59, un après midi d'hiver, on travaillait "Bohemia after dark", on avait un problème avec le pont qui est un peu "tricky" vice lard comme disent les américains. on a fait une pause, on est monté fumer une cigarette et qui voit-on passer au coin de la rue Appollinaire? Oscar Pettiford lui-même, il avait une "moumoute" et un chapeau de cosaque. On luit dit : "Tiens justement on répète "Bohemia after dark" (une de ses compositions) ; il est descendu, il nous a montré le morceau qu'il a joué entièrement et il a fait sonner la basse comme une cathédrale, les murs vibraient. Là, j'ai pris mon premier coup de vieux, la basse, elle, sonnait bien, c'est moi qui ne sonnait pas bien !!! J'ai eu différents instruments, 5 ou 6 en tout, j'en ai encore un de cette époque-là.J'ai eu une Jacquet et une Vieux Paris que j'ai vendue à Henri Tischitt.

A QUELLE ANNEE REMONTE LE DEBUT DE TA PERIODE NOUGARO ?

Je suis resté chez Claude de 63 à 79 ; il est venu avec Maurice Vander m'écouter à une époque où je jouais avec Eddy Louiss au piano et le batteur René Nan : on répétait chez Claude, avenue des Ternes, il y avait donc Eddy à l'orgue et Maurice au piano; J'ai été le troisième bassiste de Claude ; c'est Pierre Michelot qui a fait les premiers enregistrements : "Cécile ma fille", "le jazz et la java" ; Jacques Hess a été chez lui, juste avant moi. On a commencé par une tournée de trois mois, en France, Belgique, Canada (on a joué pendant un mois à "La Comédie Canadienne" en 64), avec Eddy, Maurice, René Nan et le guitariste Elek Bacsik.

AS-TU ENCORE DES CONTACTS AVEC CLAUDE NOUGARO ?

Je le vois toujours avec plaisir, Claude c'est un grand auteur et un ami. L'époque Nougaro a été une époque très riche au niveau du groupe dans lequel ont joué Yvan Julien, Maurice, Eddy, Tania Maria, Baden Powell, Teka et Ricardo, Jimmy Slide, danseur de claquettes.

TU AS "FAIT DU STUDIO" ?

Pas au sens du "métier de studio", les "requins" comme on appelait les musiciens de cette spécialité, mais j'ai enregistré pratiquement tous les disques de Nougaro. J'ai enregistré aussi avec Kenny Clarke, Philly Joe Jones, Eddy Louis, Maurice Vander, Baden Powell, Stéphane Grappelli, Jean Sablon, Duke Jordan, Chet Baker, Johnny Griffin, quleques musiques de film... Mais ma plus grande activité c'est les concerts et les clubs.

TU NE TROUVES PAS QUE LE DEBUT DES SETS DANS LES CLUBS EST UN PEU TARDIF?

Non, les musiciens, et en particulier les musiciens de jazz sont des "oiseaux de nuit". En ce qui me concerne, j'ai vécu 37 ans de ma vie la nuit. Contrairement à l'Allemagne où les concerts dans les clubs débutent à 20h jusqu'à 22h30, la France a l'avantage d'avoir des horaires appropriés au jazz: 22h 30 -2h 30 ou 3h. Evidemment pour les gens qui travaillent le matin, c'est dur! Il y a eu des tentatives de concerts dans les clubs, comme au Petit Opportun, de 18h à 21h, le Duc des Lombards l'a pratiqué aussi, je ne sais pas si ça fonctionne n'étant pas réveillé à ces heures indues!

LES AMERICAINS SONT VENUS A TOI , N'AS-TU PAS EU ENVIE D'ALLER AUX ETATS UNIS?

J'aurais aimé y aller au début des années 60, c'était encore l'âge d'or. Maintenant cela ne me tente plus, sauf peut-être pour voir quelques vieux copains. Mais j'ai l'impression que le jazz est mieux perçu en Europe, il n'y a qu'à voir tous les musiciens américains qui s'y sont installés, je ne les cite pas, la liste est bien trop longue. La France est probablement un des pays du monde où il fait bon vivre, malheureusement, à part quelques amateurs de jazz et quelques mélomanes, c'est un des pays les moins musiciens. Ici, les arts les plus appréciés sont surtout la littérature, la peinture, la cuisine aussi. Le paradoxe pour moi est que les musiciens que je préfère sont français: Debussy, Ravel, Fauré, Satie... Quand je joue à l'étranger, je suis frappé par la qualité de l'écoute, les gens sont plus sensibles à la musicalité, au "feeling" qu'aux effets. En un mot, ils aiment qu'on leur raconte une histoire, ils n'apprécient pas la poudre aux yeux. On le sent très bien et quand on parle avec eux, on se rend compte que leur culture est riche, authentique et ressentie profondemment; contrairement à l'esprit analytique et rationaliste bien de chez nous! Le jazz est une musique avec laquelle on ne peut pas tricher, c'est ce qui se passe entre des musiciens qui expriment directement ce qu'ils ressentent sur le moment avec tout l'apport des expériences passées. C'est une remise en question permanente et un véritable modèle de démocratie où chacun tient son rôle spécifique au bénéfice de la musique. Quand on fait un disque maintenant, on écrit, tout, on fait un "produit fini", y'a pas un poil qui dépasse, c'est merveilleux mais qu'est ce qu'on s'emm... Ecoute donc "Birth of the cool", il y a plein d'"imperfections" mais qu'est ce qui se passe comme musique! c'est incroyable! Toute la différence est là, dans la joie, l'enthousiasme, l'humilité et la simplicité, tout ce qui manque aujourd'hui. Le but maintenant est de se faire un nom, pas seulement dans la musique, aussi dans le sport ou d'autres disciplines, on veut devenir célèbre, gagner du fric, c'est le but de la manoeuvre, on ne fait plus rien pour l'amour de l'art, c'est comme une course de spermatozoïdes ex vitro... Quand tu me dis, l'Amérique est venue à toi, j'entends que j'ai eu la chance de vivre l'âge d'or à Paris entre le club St Germain, le Chat qui pêche, le Caméléon, le Dreher... J'ai pu jouer avec des maîtres comme Tommy Flannaghan, Richie Cole, Jimmy Raney, Teddy Edwards, Jerome Richardson, Art Taylor avec qui j'ai joué plusieurs fois en trio avec Alain Jean-Marie.
Un jour où je jouais avec ces derniers au Magnetic Terrasse, sont venus se joindre à nous pour une jam session: Randy Weston, Ralph Moore, Bill Hartman, c'était vraiment New York à paris et moi, j'étais là, avec eux... Il y a heureusement beaucoup de grands musiciens ici, et l'on peut perpétuer la tradition. Ce ne sont pas uniquement des "sidemen"(mot inventé par les promoteurs pour les payer moins cher), mais des solistes créateurs à part entière, je ne peux pas les citer car la liste serait longue, mais ils se reconnaîtront.

ON APPROCHE DE L'AN 2000, ANDRE MALRAUX A DIT : "LE XXIe SIECLE SERA SPIRITUEL OU NE SERA PAS". QU'EN PENSES-TU ?

Bien sûr, on a besoin d'avoir autre chose que des biens matériels, ç'est dans la nature humaine. Le phénomène des sectes est lui aussi révélateur, mais la vraie spiritualité, la maîtrise, chacun l'a en soi, on la ressent ou on l'envoit paître. Ce qui était l'art a été frappé par les lois du marché, de l'économie. Ce brave Van Gogh qui a peint "Les Iris", et bien, ce tableau de 50 milliards se trouve dans le coffre-fort d'une compagnie d'assurance au Japon, tu vois un peu le ridicule de la situation...

DANS LA RYTHMIQUE, COMMENT TU TE SITUES PAR RAPPORT AU BATTEUR ?

J'écoute l'attaque de la baguette sur la cymbale, c'est instinctif, c'est avec çà que je joue, plus qu'avec la charleston et d'ailleurs, par la force des choses, parce qu'à l'époque où j'ai débuté au "Bilboquet" et j'y ai joué pendant 12 ans, Marc Hemmeler était à ma droite et Philippe Combelle jouait à ma gauche, et comme il est droitier, je n'entendais guère la charleston qui était à gauche. Pendant longtemps, j'ai travaillé avec un métronome et quand je travaillais un thème on jouait le blues avec une ligne de basse et un tempo, je mettais le métronome et j'écoutais 2 et 4 : je jouais comme si le métronome donnait les coups de la charleston, tu vois : 2 et 4. Pour mettre en place un thème, je mettais le métronome lentement et de plus en plus vite au fur et à mesure que mes capacités techniques s'affirmaient par rapport au thème.
Maurice Vander et moi-même, nous avons fait un disque il y a plusieurs années pour l'école de batterie de Dante Agostini ; nous avions une référence métronomique qui imitait le 2 et 4 de la charleston. Sur ce disque, il y avait plusieurs tempos pour l'entraînement des batteurs.

N'AS-TU PAS EU ENVIE D'ENSEIGNER ?

Non, pour plusieurs raisons. Premièrement, je me sens toujours en position d'apprendre et non d'enseigner. Deuxièmement, à part les deux années de cours avec Gaston Logerot, j'ai fait un travail d'autodidacte, donc empirique et l'empirisme ne s'enseigne pas. Dans le film de François Reichenbach, Arthur Rubinstein dit à un moment "on n'apprend pas, on développe" ! Cà, c'est une grande leçon. Pour moi le véritable enseignant serait celui qui pourrait faire se révéler quelqu'un à ses propres qualités et non pas l'enfermer dans un moule préfabriqué qui le réduirait à une norme acceptable. Je suis persuadé que chaque être sur terre a quelque chose de très spécifique en lui qu'il pourrait réaliser s'il ne se laissait pas bouffer par les sociétés et les faux besoins qu'elles créent. L'enseignement est donc de mon point de vue, une trop lourde responsabilité quand on a le respect des autres, je ne me sens pas capable de l'assumer. En revanche, j'aime bien me retrouver avec des amis comme Albi Cullaz, Pierre Boussaguet, Bruno Rousselet , Bibi Rovere, Pierre-Yves Sorin, Gilles Nicolas et échanger des idées sur tel ou tel doigté, sur des réglages d'instruments etc mais ça, c'est une autre histoire... Et si je peux donner un conseil aux jeunes musiciens, c'est de se référer aux racines plutôt qu'aux branches.

QUELLE EST LA PLACE DU VIOLONCELLE DANS LE JAZZ ?

Le premier que j'ai entendu jouer du violoncelle a été Pettiford dans "Cable's car", "Oscar rides again" avec Julius Watkins, Charlie Roose, Ron Jefferson, Duke Jordan : c'est un de mes disques de chevet ainsi que le disque qu'ils ont fait en grand orchestre avec Gigi Gryce, en particulier dans " I remember Clifford", il joue 16 mesures qui sont une anthologie de simplicité et de musicalité extra ordinaire. Il y a eu aussi Ron Carter, mais je le préfère à la contrebasse.


TU AS SANS DOUTE VU L'EMISSION :"PABLO CASALS JOUE BACH" SUR ARTE IL Y A 2-3 JOURS ?

Tu parles,... là aussi, la simplicité, la musicalité, la rigueur, il n'y a pas assez de mots pour qualifier cet homme, sauf peut -être: Genie Pur.

OU EST-CE QUE C'EST QUE CETTE BASSE PICCOLO DONT TU JOUES DANS "VENDREDI 14" ?

C'est un instrument que j'ai trouvé chez mon luthier Jean Pavie. C'est une mini contrebasse qui date de 1881, c'est un truc qu'on ne trouve nulle part et qui a été fabriquée par un certain Czarmak de Bohême. C'est comme un violoncelle, à peine plus grand (9 centimètres), avec un manche de contrebasse miniatur ; on appelle celà une viola da bracia. Mon luthier n'avait jamais vu çà ; il paraît que cet instrument était utilisé dans les défilés religieux où alors ce serait une commande spéciale pour un enfant qui voulait apprendre la contrebasse, on ne sait pas trop...

TU T'INTERESSES A D'AUTRES MUSIQUES. JE CROIS ANTILLES, INDE ?

Oui, bien sûr, surtout la musique brésilienne qui, à mon avis est une des plus riches à tous les niveaux: mélodique, rythmique et harmonique. La musique cubaine aussi, pour laquelle, paraît-il, Charlie Parker avait un faible. La musique indienne que je connaîs moins, me paraît très ésotérique et très complexe pour l'occidental que je suis. La musique dite classique est évidemment avec le jazz, ma favorite. Je continue de pratiquer, pour moi, la guitare classique, juste comme un hobby, mais ça ouvre bien les oreilles et quelques portes quand même... musicales j'entends !

C'EST LA PALETTE DE TON PERE QUI EST REPRESENTEE SUR LE LIVRET DE TON CD "VENDREDI 14" ?

Oui, c'est bien çà. J'ai voulu l'associer à mon premier disque pour lequel je dois remercier les merveilleux artistes qui m'ont aidé à le faire. Anne Ducros chanteuse de jazz de très grande classe qui pour moi est à un niveau mondial. Marc Thomas que j'avais entendu au Latitudes et qui m'avait fait grande impression, tant par son jeu de saxophone que par son talent de chanteur. Olivier Hutman avec qui j'ai beaucoup travaillé et que j'aime beaucoup comme musicien et comme homme. "Lolo", Ah! Lolo! Mon vieux complice (comme dirait Vander), grand batteur, grand ami et ce n'est pas fini! Pierre Dor Ragon, ami de longue date, très fin musicien et superbe guitariste. Je les remercie tous ainsi que Didier Drussant et le label Elabeth.

AU BILBOQUET OU AILLEURS, TU AS DU RENCONTRER DES ARTISTES AMATEURS DE JAZZ ?

J'ai connu Jean-Pierre Marielle au mariage de René Urtreger, puis, je l'ai vu ensuite très souvent au Bilboquet. C'est l'homme le plus charmant que je connaisse et aussi, un très grand connaisseur du jazz et un ami. Pierre Mondy, Pierre Santini, Richard Bohringer entre autres venaient au Bilboquet, mais c'est surtout au Living Room où j'ai vu le plus d'artistes: Ava Gardner, Peter Otoole, René Leibovitz, Samson François etc...


CHAQUE FOIS QUE J'AI ENTENDU DEXTER GORDON EN CLUB, JEAN-PIERRE MARIELLE ETAIT LA ET VOUS A FAIT SIGNER POUR UNE EMISSION DE BERNARD PIVOT IL Y A UN AN ET DEMI ?

Jean-Pierre est un grand amateur de saxophone. Il a eu la gentillesse de m'inviter lors de son passage à "Bouillon de Culture" pour la présentation de la pièce de Pinter "Le Retour". Avec Olivier Hutman et Charles "Lolo" Bellonzi nous avons joué "Relaxin at Camarillo" C'était un vendredi 14. Mais ce n'est pas la seule raison qui m'a fait choisir le titre de l'album paru chez Elabeth.

ET CE DISQUE ENREGISTRE AU "DUC DES LOMBARDS" EN MAI 1994 AVEC DUKE JORDAN ET AL LEVITT, EST-IL SORTI ?

Il est sorti sous le label japonais "Mash Mallows Records". J'ai une copie sur bande que m'avait envoyée Al Levitt, mais je n'ai pas encore le CD.

QUELS SONT TES BONS SOUVENIRS MUSICAUX ?

En 37 ans, j'en ai eu tellement qu'il serait trop long d'en faire l'énumération, mais je retiens les "boeufs" au Living Room avec Errol Garner, Paul Gonzalves, Sarah Vaughan. Au club St Germain avec Eric Dolphy, Kenny Drew, Lalo Shifrin. Au Chat qui Pêche avec Chet Baker, Bud Powel, Idris Sulimann, Roland Kirk, Hank Mobley. Au Dreher avec Jimmy Rayney, Tommy Flannaghan, Richie Cole, Teddy Edwards. Les six mois avec Philly Joe Jones, Maurice Vander. Et surtout un concert auquel j'ai participé à Asti avec Dizzi Gillespie, Dado Moroni, Gianni Basso et Philippe Combelle. C'était une grande époque, il y en aura sûrement d'autre dans l'avenir, mais pour l'instant, le rêve est interdit, et le boeuf n'a plus la cote !!!

QUELS SONT TES PROJETS A COURT TERME ?

Je repars jouer en Allemagne pour une tournée de huit concerts avec "Lolo", nous allons retrouver le trompettiste Dusko Goykovich que j'ai revu au festival de Calvi en 1993 ainsi que Gianni Basso et Antonio Farao, puis j'ai aussi la chance de jouer avec Jack Dieval qui est un grand pianiste dans la tradition d'Elington, et grâce à qui, quand j'étais étudiant, j'ai pu enrichir mes connaissances jazzistiques, en écoutant ses émissions "jazz aux Champs Elysées" et "sur votre piano". Plus tard, ses émissions télévisées Eurojazz n'ont pas encore été égalées sur le petit écran.

Enfin, je prépare mon deuxième CD et ensuite, comme chaque année depuis huit ans, je vais au festival de Calvi, qui est unique au monde, par le fait qu'il réunit un maximum de musiciens français et européens, quelques américains et surtout qu'il n'y est pas du tout question d'argent. René Caumer a réussi là quelque chose de formidable. Merci à lui, à Tao, à Jean Temir, à Raymond, Dominique et tous les autres...

Entretien réalisé par Joseph GISCARD, le ... vendredi 12 Janvier 1996